Conception du clavier tactile de Windows 8

Conception de Windows 8

Vision en coulisses de l'équipe d'ingénierie Windows

Conception du clavier tactile de Windows 8

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Depuis les premières améliorations de la tablette PC apportées à Windows, nous avons travaillé sur les « claviers visuels ». Avec Windows 8, nous avons pris un nouveau départ et adopté une approche fondée sur de « grands principes » pour développer le clavier tactile. Étant donné l'expérience que nous sommes nombreux à avoir avec les claviers tactiles sur les téléphones, et la quantité d'appareils tactiles que nous utilisons de nos jours, nous avons placé la barre très haut en termes de qualité d'expérience et d'efficacité de saisie pour le nouveau clavier tactile de Windows 8. Dans ce billet, Kip Knox, membre de l'équipe chargée de la gestion du programme Expérience utilisateur Windows, décrit ce travail. --Steven


Lorsque nous avons commencé à planifier le fonctionnement potentiel du tactile et des nouveaux types de PC sur Windows 8, nous avons identifié qu'il était nécessaire de fournir une méthode efficace de saisie de texte sur les tablettes et autres PC à écrans tactiles. Depuis Windows XP SP1, dans lequel les fonctionnalités de tablette PC ont été intégrées, Windows comprend un clavier visuel tactile. Mais ces fonctionnalités ont été conçues sous forme d'extensions de l'expérience du Bureau. Pour Windows 8, notre objectif à été d'améliorer ce modèle et d'introduire une prise en charge de la saisie de texte qui répond aux besoins des utilisateurs, qui correspond à nos principes de conception et qui fonctionne parfaitement avec les terminaux que nous rencontrons actuellement et qui nous utiliserons dans le futur.

J'écris ce billet sur notre clavier tactile Windows 8 avec une configuration QWERTY standard en anglais. Lorsque je le regarde, le clavier semble très simple et même évident. Cela vient en partie du fait que je l'utilise depuis un certain temps, mais également parce que les claviers nous sont familiers. Mais ce clavier est plus complexe qu'il n'en a l'air.

Nous avons commencé à planifier cette fonctionnalité sans idées préconçues. Comme nous le faisons avec toutes nos fonctionnalités, nous avons initié la conception de la saisie de texte en fixant un certain nombre de principes et d'objectifs. Sur un PC Windows 8 de type tactile, nous voulons que les utilisateurs puissent :

  • saisir du texte rapidement, en se rapprochant autant que possible de la vitesse à laquelle ils tapent sur un clavier physique ;
  • éviter les erreurs et être à même de les corriger facilement ;
  • saisir du texte facilement, en termes de position, d'interaction avec l'appareil et de paramètre social.

Vous pouvez remarquer qu'aucun de ces objectifs ne suppose de façon explicite la présence d'un clavier. Et au début du projet, nous avons ratissé très large parmi les approches possibles pour la saisie de texte. Nous avons identifié que de toutes les méthodes de saisie de texte que nous avons envisagées, aucune ne répondait aussi bien aux objectifs fixés ci-dessus qu'un clavier. Pour la majorité des gens, la saisie est simplement plus rapide, plus précise et plus facile en tapant qu'en faisant appel à n'importe quel autre type d'écriture. Windows propose par exemple une reconnaissance de l'écriture manuscrite très fiable en plusieurs langues, ainsi qu'une reconnaissance vocale avancée. Mais sans un clavier tactile de qualité, nous n'aurions pas été en mesure de répondre aux besoins et aux attentes des gens concernant les appareils tactiles exécutant Windows. Nous avons donc voulu créer le meilleur clavier tactile qui soit sur n'importe quel appareil.

Optimisation du confort et de la position

Il est possible d'imaginer des claviers tactiles sur une tablette sous une multitude de formes : grands claviers, petits claviers, claviers flottants, claviers circulaires et claviers de balayage. Mais notre processus de conception initial a été étayé par les recherches que nous avons menées sur les modes d'utilisation des tablettes par les gens. Nos chercheurs ont réalisé une étude approfondie au cours de laquelle ils ont observé des gens « vivant avec » des tablettes sur une période donnée. Ces observations et entretiens ont permis de dégager trois positions fréquentes chez les personnes qui utilisent les tablettes :

  1. Une main tenant l'appareil, l'autre main interagissant avec l'interface utilisateur
  2. Deux mains tenant l'appareil, les pouces interagissant
  3. L'appareil posé sur une table, les genoux ou un support et les deux mains interagissant

3 images représentant 3 manières fréquentes de tenir une tablette et de taper

Les recherches menées sur des gens « vivant avec » des tablettes ont dégagé trois positions fréquentes.

Dans ces positions, les gens se sentaient plus à l'aise et plus à même d'utiliser la tablette pour des périodes prolongées. Nous avons pris un grand nombre de décisions de conception dans Windows 8 pour favoriser ces positions, incluant notamment la façon dont les gens saisissent intuitivement du texte. Lorsqu'ils tapent sur une tablette, la plupart des gens la placent sur leurs genoux ou sur une table et tapent avec plusieurs doigts, ou alors, ils la tiennent dans leurs mains et tapent avec leurs pouces, ou encore la tiennent d'une main et font de leur mieux avec l'autre pour taper.

La disposition de notre clavier tactile standard est optimisée pour que vous puissiez poser la tablette et taper avec plusieurs doigts, mais elle fonctionne également parfaitement si vous tapez avec une seule main. Nous avons également introduit une nouvelle disposition que nous appelons le clavier dissocié (que nous avons montré pour la première fois lors de notre tout premier aperçu de Windows 8 il y a environ un an). Il est conçu pour que vous puissiez tenir la tablette à deux mains et taper avec les pouces. La taille du clavier est réglable afin de s'adapter à des mains de différentes tailles. Nos recherches sur les positions ont permis d'observer que les utilisateurs changent souvent de position, ce qui est souvent vu comme un élément positif, car cela permet d'être toujours confortablement installé. Dans les dispositions de notre clavier, nous avons donc envisagé la saisie d'un long texte (par exemple un message électronique adressé à votre mère), assortie de changements de positions. Vous pouvez commencer par taper avec la tablette posée sur la table basse, par exemple, puis ensuite ressentir une certaine fatigue dans cette position et prendre la tablette, vous allonger sur le canapé et interagir avec vos pouces.

Des recherches plus détaillées sur la position et le confort nous ont permis de comprendre comment les gens tiennent les tablettes, et de mieux appréhender la portée physique de nos pouces. Dans une étude ultérieure, nous avons sélectionné un large panel de gens avec des mains de différentes tailles et leur avons demandé d'utiliser une tablette avec des capteurs indiquant les endroits que leurs pouces pouvaient atteindre le plus confortablement possible, les endroits que leurs pouces pouvaient atteindre en s'étirant au maximum et les endroits où cela devenait inconfortable. Ces résultats nous ont aidé à optimiser l'utilisation du système avec les pouces et à mettre en forme la disposition du clavier dissocié.

Clavier dissocié sur les bords gauche et droit de l'écran, superposé par des ovales verts, jaunes et rouges, un sur chaque côté.

Cette carte thermique illustre la portée standard des pouces des utilisateurs, superposée au clavier dissocié. Le vert est très confortable, le jaune est atteignable et le rouge est généralement inconfortable.

Saisie sur une surface transparente

Le défi suivant que nous devions relever concernait la saisie de texte sur l'écran transparent d'une tablette. Au moins une des positions principales (poser la tablette) s'apparente à taper sur un clavier physique. Ainsi, contrairement à la saisie de texte sur un téléphone, il nous était possible d'effectuer des comparaisons directes avec l'utilisation d'un clavier physique. Lorsque vous tapez sur votre ordinateur portable ou de bureau, vous bénéficiez d'avantages réels. Vous percevez un retour sensoriel important lorsque vous tapez. D'abord, vous pouvez positionner vos mains rapidement sur vos touches de départ et la plupart des claviers comportent de petites bosses sur les touches J et F pour confirmer cette position. Ensuite, lorsque vous tapez, la forme des touches vient renforcer la position de vos doigts lors de leur déplacement. Les touches décrivent un léger mouvement vertical (haut/bas), ce qui confirme que vous les avez actionnées. Et comme le clavier est mécanique, le son de la saisie confirme par ailleurs les frappes de touches (peut-être à votre grande déception, si vos collègues consultent leurs messages pendant les réunions).

Si vous posez une surface transparente et tapez dessus, vous n'avez aucun retour. Elle n'offre aucune indication sur l'endroit où positionner vos mains et vous ne savez pas si une touche a bien été actionnée ou non. En gardant cela à l'esprit, nous avons pris quelques décisions. Nous devions fournir une sorte de retour et nous devions prendre en compte le caractère plus « saccadé » de la saisie sur un clavier tactile. Mais nous avions également observé qu'un clavier tactile peut faire des choses qu'un clavier physique ne peut pas réaliser, et nous devions mettre ces fonctions en avant.

Le retour que vous pouvez observer dans un clavier tactile prend deux formes : les touches changent de couleur lorsque vous les touchez et elles émettent un son subtil. Cela s'apparente à ce que vous pouvez constater sur la plupart des claviers tactiles des téléphones. Nous avons envisagé d'autres formes de retour, mais les avons finalement écartées car elles étaient trop perturbatrices ou pas assez naturelles. Par exemple, nous avons exploré le retour tactile (une vibration de l'appareil basée sur la saisie) que l'on peut également rencontrer sur de nombreux téléphones. Mais la plupart des gens trouvent ce type de retour quelque peu irritant lorsqu'ils tapent du texte d'une certaine longueur et un bourdonnement peut être autant synonyme de punition que de réconfort.

Nos deux formes de retour (changement visuel des touches et sons) ne sont pas non plus sans soulever de controverse. Le changement visuel des touches n'est pas idéal lorsque vous saisissez un mot de passe par exemple. Dans ce cas, il est possible de supprimer ce retour visuel. Certaines personnes ont indiqué que les sons émis lorsqu'ils appuient sur les touches est irritant et artificiel. Mais les tests utilisateur ont confirmé notre supposition selon laquelle les gens trouvent clairement les sons rassurants et réconfortants lorsqu'ils tapent sur une surface transparente. Les sons précis que nous utilisons (qui ressemblent beaucoup à ceux du Windows Phone) sont conçus pour être « résiduels ». Vous oubliez rapidement qu'ils sont là, mais vous le remarqueriez s'ils étaient désactivés.

Ces deux formes de retour peuvent être davantage utilisées lorsque les gens s'habituent à l'expérience. Nous avons mené des études de suivi du regard en laboratoire, qui ont montré qu'au fur et à mesure que les gens s'habituent au clavier tactile, ils passent plus de temps à regarder le champ de saisie et moins de temps à regarder le clavier même. Ainsi, l'apparence de chaque caractère devient le meilleur retour pour taper efficacement. Je reviendrai plus en détail sur ces études de suivi du regard plus loin dans ce billet.

Données de suivi du regard superposées à l'image de saisie sur un clavier tactile.

Au fur et à mesure que les gens utilisent le clavier tactile, ils se concentrent davantage sur le champ de saisie, comme le montre cette carte thermique issue de l'étude de suivi du regard.

Mais même si vous « maîtrisez » la saisie avec un clavier tactile sur une surface transparente, votre frappe reste plus saccadée et plus lente qu'avec un clavier physique. Le clavier tactile de Windows 8 compte certaines adaptations pour répondre à cette réalité. La plus intéressante est ce que nous appelons le « modèle tactile ».

Lorsque vous appuyez un doigt sur le clavier tactile, nous détectons les coordonnées de votre geste et nous pouvons le faire correspondre à la géométrie des touches. Mais lorsque vos doigts se déplacent sur la surface transparente, il est probable que votre pression sorte des limites de la touche que vous aviez l'intention de frapper. Si nous nous appuyions uniquement sur la correspondance géométrique des touches, vous constateriez un grand nombre d'erreurs. Pour prendre cela en compte, la pression sur une touche est d'abord comparée à un modèle qui estime la probabilité selon laquelle vous aviez l'intention d'appuyer sur cette touche ou sur une touche à proximité. Ce traitement se fonde sur deux éléments. Premièrement, nous demandons à un grand nombre de personnes de taper des pangrammes (phrases comportant toutes les lettres de l'alphabet) et nous consignons les tendances où la frappe des gens dévie de la cible souhaitée. Par exemple, ils peuvent avoir l'intention de taper un p, mais frappent souvent la touche o, parce que les doigts de la plupart des gens sont courbés vers l'intérieur. En fonction d'un ensemble de caractéristiques, notamment la vitesse de frappe, le modèle estime la probabilité selon laquelle vous aviez l'intention d'actionner une touche par rapport à une autre. Deuxièmement, nous utilisons des données lexicales représentant des lettres et des mots susceptibles d'être rassemblés lors de l'écriture. Ce système est le même que celui qui sous-tend la correction orthographique. Le système « sait » ce que vous aviez probablement l'intention de taper, même si vous avez fait une erreur.

En fonction du modèle tactile, le clavier est souvent capable de rectifier silencieusement les cas où vous avez l'intention de taper un p par exemple, mais où vous frappez par erreur la touche o, sur un clavier QWERTY ou AZERTY. Prenez l'exemple où vous tapez le mot « les ». Si vous tapez l, puis e, puis touchez un endroit entre le s et le q, en étant légèrement plus près du q, le modèle tactile évalue la situation, sait que l-e-s est une combinaison de caractères plus répandue en français que l-e-q, et génère correctement le s. Mais si vous touchez complètement la lettre q, le clavier respecte cette entrée et suppose que vous savez ce que vous faites. Tout cela se produit pendant que vous tapez. Ainsi, le caractère approprié rejoint le champ de saisie et ne requiert pas d'autres corrections. Dans des conditions optimales, vous ne vous rendez même pas compte que cela a lieu, ce qui augmente votre confiance dans la saisie sur une surface transparente.

Le clavier montre des cercles représentant les zones que les gens touchent généralement pour activer chaque touche. Les zones tactiles correspondant au P et au O se superposent.

Cette carte émanant d'un rapport sur les données du modèle tactile illustre les tendances que les gens ont à dévier vers certaines touches lorsqu'ils tapent sur un clavier tactile.

Idéal pour la saisie

Une fois les retours pris en compte et les « protections » contre les erreurs inévitables mises en place, il nous restait encore à déterminer la disposition spécifique du clavier : où placer les touches. La position des touches a une grande influence sur la vitesse et l'exactitude de la saisie, et les gens ont des opinions très arrêtées (et souvent contradictoires) sur les touches. Mais le problème de conception s'est décomposé logiquement, en fonction de nos observations sur l'interaction et de certaines réalités physiques. Nous avons par exemple confirmé les suppositions suivantes :

  1. La plupart des gens ont développé de solides habitudes en fonction des conventions des claviers physiques. Lorsque vous cassez ces conventions, leur saisie est sensiblement ralentie. Cela est même vrai pour les très jeunes utilisateurs ou les adeptes du mode T9, car la plupart d'entre nous ont appris à saisir par toucher sous une forme ou une autre à un jeune âge.
  2. Il existe des tailles de touches optimales ciblées. Les recherches intensives effectuées par Microsoft sur les claviers physiques s'appliquent également dans ce domaine. Par exemple, les touches des lettres sur notre clavier tactile font 19 mm de largeur, ce qui est identique à la plupart des claviers physiques, parce que les gens ont montré qu'ils tapaient plus vite avec des cibles de cette taille (ni plus grandes, ni plus petites).
  3. Plus vous intégrez de touches, plus les gens ont de chances de se tromper. Cela s'explique en partie par le fait que si vous intégrez davantage de touches, ces dernières devront être plus petites et vous aurez plus de chances de frapper une touche par erreur. Un trop grand nombre de touches crée également un encombrement visuel et est facteur de distraction, ce qui ralentit l'analyse et la recherche des touches.
  4. Vous ne voulez pas qu'un clavier masque plus de la moitié de l'écran. Un clavier trop grand engendre une expérience claustrophobe et vous fait perdre le contexte. Il est toutefois admis que l'écran peut être masqué à moitié. En effet, la saisie de texte est le plus souvent une activité « modale » où vous vous concentrez sur ce que vous tapez et non sur ce qui se passe en périphérie. Votre zone de concentration en dehors du clavier est relativement restreinte et dirigée vers les caractères que vous tapez. Nos études de suivi du regard, illustrées dans ce billet, le montrent.
  5. Les gens utilisent certaines touches plus que d'autres. Nous en sommes arrivés à cette déduction après l'analyse de passages de texte rédigés dans des circonstances réelles. On peut dégager des modèles de fréquence clairs dans l'utilisation des lettres et des symboles.
  6. Les gens apprendront à faire de nouvelles choses (et ils apprendront rapidement) si cela n'interfère pas avec leurs habitudes.

Donc au final, déterminer la disposition d'un clavier tactile, quelle que soit la langue, consiste à trouver un juste équilibre entre les différents facteurs. Vous voulez réduire le nombre de touches dans la disposition par défaut, par exemple, mais si vous retirez une touche que les gens ont l'habitude d'utiliser au quotidien, ils seront inévitablement frustrés. La disposition doit être assez grande pour une bonne exactitude de la frappe, mais pas trop grande pour ne pas masquer l'application.

Nous avons également appliqué une autre règle ou un autre principe général à la disposition du clavier : elle doit être parfaitement adaptée à la saisie. Cela semble évident, mais il n'est pas vain de le préciser lorsqu'on sait que les claviers servent à beaucoup d'autres choses qu'à écrire des mots : raccourcis d'interfaces utilisateur par exemple, envoi de commandes ou saisie de codes. Notre clavier est optimisé pour la saisie, car c'est son objectif principal et c'est ce qu'il doit faire de mieux. Examinons certaines des décisions que nous avons prises et qui cadrent avec ces paramètres.

Chiffres

Nous recevons beaucoup de questions sur la raison pour laquelle nous n'incluons pas de rangée de chiffres dans la disposition par défaut du clavier. Nous utilisons fréquemment les chiffres dans notre travail et nous avons l'habitude de trouver les touches numériques en haut du clavier physique. Le clavier visuel de Windows 7 dispose d'une rangée de chiffres par exemple. Cela est cohérent avec la conception globale de ce clavier ; il s'agit pour l'essentiel de l'émulation logicielle d'un clavier physique. Il n'a pas été optimisé pour le monde du tactile.

Le clavier visuel ressemble à de nombreux claviers physiques

Le clavier visuel de Windows 7 est l'émulation d'un clavier physique et n'est pas optimisé pour le tactile ou la saisie.

Certains de nos premiers prototypes ou conceptions comptaient également une rangée de chiffres. Mais lorsque nous avons proposé ces modèles aux gens, ils nous ont affirmé que le clavier était « inconfortable » par rapport à ce à quoi ils étaient habitués. Nous avons observé des erreurs fréquentes et l'invocation accidentelle de touches, en particulier autour du périmètre de la disposition. Cela a entraîné un certain nombre de changements et a confirmé la décision de ne pas inclure de rangée de chiffres. Voici pourquoi : inclure une rangée de chiffres impliquait l'ajout d'une quatrième rangée de touches de caractères. Lorsque nous optimisons les touches avec une taille ciblée, cela signifie que le clavier a une hauteur bien définie. Sur une tablette classique (disons avec une taille d'écran de 10,6 pouces), l'ajout d'une rangée de chiffres signifierait que plus de la moitié de l'affichage serait couvert par le clavier. Lorsque nous avons associé cela avec l'observation que les chiffres sont tapés moins souvent que la plupart des lettres et symboles courants, et en sachant que les touches supplémentaires provoquent des frappes de touches accidentelles, nous avons décidé d'inclure les chiffres dans une vue séparée de chiffres et de symboles.

Une fois cela décidé, des débats ont eu lieu pour savoir si nous devions afficher les chiffres sous forme de rangée en haut de la vue des chiffres et des symboles ou les afficher sous forme de pavé numérique. Nous avons opté pour le pavé numérique pour plusieurs raisons :

  1. Les gens entrent souvent plusieurs chiffres à la fois.
  2. Il est plus facile d'analyser un groupe organisé qu'une longue rangée.
  3. Les gens tapent des séquences de chiffres beaucoup plus rapidement lorsque les chiffres sont regroupés.

Nous avons également décidé d'inclure les chiffres dans l'ordre 1, 2, 3 à partir du haut, au lieu de 7, 8, 9, comme cela apparaît sur de nombreux claviers étendus ou caisses enregistreuses. Ceci est un cas intéressant où la convention du clavier physique n'est pas si importante, car les gens se sont habitués à l'ordre des pavés numériques des téléphones, des distributeurs automatiques de billets, des télécommandes et d'autres appareils modernes. L'ordre 1, 2, 3 est tout simplement plus facile à analyser pour le regard et à traiter pour le cerveau que n'importe quel autre ordre.

Les symboles à gauche sont notamment : ! @ # $ % & ( ) et d'autres et les chiffres à droite sont organisés comme sur le pavé numérique d'un distributeur automatique de billets.

La vue des chiffres et des symboles comprend un pavé numérique qui reflète la disposition moderne utilisée sur les téléphones, les distributeurs automatiques de billets et les télécommandes.

Touche Tab

L'histoire de la touche de tabulation (Tab) est similaire. C'est une touche que nous utilisons beaucoup pour mettre en forme les documents, mais également pour passer d'un champ à un autre sur une page Web. C'est pour cette raison que nous l'avions intégrée à l'une de nos premières dispositions optimisées pour le tactile, après avoir supprimé un grand nombre de touches que l'on trouve généralement sur les claviers physiques. Cela ressemblait à ceci :

Les touches supplémentaires sont la touche Tab et des caractères secondaires, tels que ( ) _ - / @ ' ; : "

Une des premières dispositions du clavier comportait des touches supplémentaires qui interféraient avec la précision et la vitesse.

Vous pouvez remarquer qu'à droite et à gauche, les touches en bordure ne sont ni des lettres, ni des symboles. Cette disposition a entraîné les résultats décrits ci-dessus : les gens avaient une sensation d'inconfort. Et pire encore, ils manquaient fréquemment les touches de caractères et frappaient par erreur une des touches en bordure. Lorsque nous les avons supprimées, les gens étaient ravis de l'ouverture et du confort de la disposition, leurs erreurs sont devenues moins fréquentes et leur vitesse s'est améliorée. Avec la touche Tab dans la vue des chiffres et des symboles, elle était plus difficile à atteindre, mais le clavier était plus agréable à utiliser pour la saisie et ainsi les pérégrinations de la touche Tab se sont terminées.

Maj vers le bas : une erreur à ne pas répéter

Le dernier exemple dont nous allons vous faire part concerne une fonctionnalité que nous avions intégrée au produit et que nous avons supprimée. Cette fonctionnalité était inspirée par notre souhait de faciliter l'accès à la ponctuation, sans changer complètement de vue. Dans cette conception, la touche Maj de gauche jouait le rôle de touche Maj que l'on connaît actuellement : elle permettait de mettre les lettres en majuscules et d'accéder à d'autres symboles de la vue par défaut. Nous utilisions la touche Maj de droite différemment : elle permettait « de voir rapidement » les symboles ou ponctuations fréquemment utilisés. L'idée était que vous pouviez utiliser la touche Maj vers le bas brièvement pour sélectionner une ponctuation, par exemple, sans perdre le contexte de la vue principale, et ainsi être plus rapide. Nous avons émis l'hypothèse que c'était un domaine dans lequel nous pouvions nous éloigner de la convention et vous faire profiter d'un avantage unique aux logiciels. Voici une image du clavier du type « Maj vers le bas ».

La touche Maj vers le bas sur le bord droit du clavier permet d'afficher les touches de ponctuation

Le modèle de type Maj vers le bas a été conçue pour accélérer l'accès aux symboles, mais a interféré avec les attentes du comportement de la touche Maj classique.

Il suffit de dire que ce prototype n'a pas marché en laboratoire. Les participants appuyaient continuellement sur la touche Maj de droite pour les raisons habituelles pour lesquelles vous utilisez une touche Maj. Et lorsque le clavier faisait apparaître « l'aperçu rapide » des symboles, ils ne savaient plus quoi faire et arrêtaient de taper. Ainsi dans ce cas, nous devions nous en tenir à la convention d'un clavier physique.

Le comportement d'appui prolongé présente un contre-exemple intéressant. Sur un clavier physique, lorsque vous appuyez de manière prolongée sur un caractère, il se répète. Sur notre clavier tactile, lorsque vous appuyez de manière prolongée, nous montrons d'autres caractères ou symboles. C'est un domaine où un clavier tactile se comporte parfaitement, contrairement à un clavier physique. Si vous ne connaissez pas la combinaison de touches précise qui vous permet de taper ñ, é ou š, par exemple, la saisie sur un clavier physique est ardue. C'est facile à trouver sur un clavier tactile. Presque personne ne s'est plaint de cet éloignement par rapport à la convention. En fait, nous nous appuyons dessus. Vous pouvez vous apercevoir que vous pouvez simplement effectuer un mouvement de balayage depuis une touche dans la direction d'une touche secondaire, et ce caractère sera saisi, sans que vous n'ayez à réaliser de sélection explicite dans le menu. Donc si vous utilisez fréquemment les caractères accentués, cela vous permet d'aller relativement vite. Essayez !

Clavier affiché avec le menu d'appui prolongé pour la lettre e, comprenant plusieurs types de caractères e accentués

Lorsque vous appuyez de manière prolongée sur une touche, les touches associées apparaissent. Si vous effectuez un mouvement de balayage rapide vers la touche secondaire qui vous intéresse, vous pouvez la sélectionner rapidement.

Test et validation

Nous avons mené une série d'études de suivi du regard dans lesquelles des caméras ont enregistré la direction du regard des participants lorsqu'ils interagissaient avec le système. Ces études nous ont permis de répondre à quelques questions : où les gens regardent-ils lorsqu'ils tapent sur un clavier tactile ? Est-ce que le regard visuel change avec le temps ? Ces modèles sont-ils récurrents dans différentes vues ou dispositions ? Existe-t-il une corrélation entre le regard visuel et la vitesse de frappe ?

Femme assise devant un PC avec un dispositif de suivi du regard placé devant elle

Une participante à l'étude de suivi du regard commence la session.

De façon récurrente, les gens regardent d'abord le champ de saisie où leurs caractères apparaissent, puis ils regardent le clavier. Cela est tellement récurrent que nous avons optimisé notre suggestion de texte en nous basant sur cette tendance. Les suggestions de texte (mots prévisibles lorsque vous tapez) apparaissent à droite du curseur dans le champ de texte et vous pouvez les insérer en touchant la touche « Insérer » du clavier tactile. Cela est optimisé pour l'endroit où nous avons vu les gens concentrer leur attention lorsqu'ils tapaient. Cela est différent, par exemple, de l'interface utilisateur de suggestion de texte que vous voyez sur de nombreux téléphones, où une bande de mots potentiels apparaît en haut du clavier. Sur un PC avec un clavier grand format, les gens ne regardent pas à cet endroit et ils ne veulent pas arrêter de taper et changer de position pour sélectionner ces mots.

Étude de suivi du regard montrant l'attention centrée principalement sur le clavier et sur la zone de saisie de texte, pas entre les deux.

Les fixations individuelles, ou les enregistrements d'une rétine stabilisée, montrent que les gens regardent soit le clavier, soit la zone de texte. En règle générale, nous ne regardons pas entre les deux. Notre interface utilisateur de prédiction de texte apparaît pour cette raison à proximité de l'accent circonflexe.

Nous avons également découvert que notre regard change avec le temps, et au fur et à mesure que le regard change, nous tapons plus vite. Vous pouvez le voir très clairement dans les représentations des études de suivi du regard. Cette tendance a été mise en avant par un grand nombre de personnes, qu'il s'agisse de personnes peu habituées aux tablettes qui tapent lentement ou de personnes expérimentées qui passent beaucoup de temps avec leur tablette. Dans tous les cas, au début, l'attention est davantage concentrée sur le clavier, et la vitesse est plus lente. Avec le temps (disons environ 90 minutes sur quelques jours), l'attention s'éloigne du clavier pour se porter davantage sur le champ de texte et le nombre de mots par minute augmente de manière importante.

Deux études de suivi du regard affichées côte à côte

Les études en laboratoire montrent que l'attention de notre regard change avec le temps. L'image de gauche montre une personne qui tape après quelques minutes seulement. L'image de droite montre les représentations du regard après environ 90 minutes. Vous pouvez voir que l'attention s'est portée sur le champ de texte. Cette personne a doublé sa vitesse de frappe au cours de la session.

Suite des perfectionnements

Enfin, vous trouverez ci-dessous une image de la disposition actuelle du clavier QWERTY en anglais, que nous avons dans la version Windows 8 Release Preview. Il est délibérément épuré et ouvert, et les touches qui restent sont là pour des raisons explicites. Chacune a sa propre histoire, mais nous pouvons rappeler certains faits principaux :

  • La touche Retour arrière est présente parce qu'elle est utilisée très fréquemment sur les claviers physiques et tactiles. Si nous l'avions supprimée, votre doigt l'aurait en permanence recherchée à tâtons.
  • La touche de changement de mode est essentielle pour passer d'une vue et d'une langue à une autre et pour masquer le clavier. Les utilisateurs de l'éditeur de méthode d'entrée (IME) découvriront qu'elle permet de passer aux éditeurs IME de Windows, qui comptent également des dispositions de clavier optimisées pour le tactile.
  • La touche CTRL et les touches fléchées droite et gauche sont destinées aux opérations d'édition de texte. Vous pouvez déplacer votre curseur de saisie et couper, copier et coller sans déplacer vos mains du clavier. Notez que la touche CTRL fonctionne exactement comme sur un clavier physique et donc que toutes les combinaisons prises en charge fonctionnent. Nous incluons des libellés pour les opérations, telles que couper, copier, coller et la mise en gras parce qu'elles sont associées à l'édition de texte. Le clavier tactile n'est pas destiné à « commander », c'est pourquoi la touche Windows ou les touches de fonction n'apparaissent pas. Ce choix est délibéré pour rester concentré sur l'objectif d'optimisation de la saisie.
  • La barre d'espace est centrée et large. Les recherches menées sur le clavier physique ont montré qu'environ 80 % des frappes sur la barre d'espace se produisent sur la droite (si vous observez d'anciens claviers, vous verrez qu'ils sont plus usés de ce côté). Cela est également vrai pour les claviers tactiles, où les gens manqueraient la barre d'espace si elle n'était pas assez large, ce qui peut entraîner des erreurs difficiles à rattraper.
  • La touche émoticône, ou « emoji », vous permet d'accéder à la vue des émoticônes, où nous proposons un ensemble complet de caractères emoji de type Unicode. L'utilisation des émoticônes continue à se répandre dans le monde entier et elles font maintenant partie de la façon dont les gens écrivent et s'expriment.
  • Nous incluons également une option pour une disposition standard du clavier, qui peut être utile sur un PC sans clavier si vous utilisez un logiciel de bureau qui nécessite des touches de fonction ou d'autres touches étendues. Elle s'active facilement à partir de l'icône Paramètres, dans la section des paramètres généraux du PC.

Lorsque vous utiliserez le clavier, nous espérons que vous découvrirez également d'autres fonctionnalités que nous avons ajoutées pour faciliter vos opérations. Par exemple, si vous maintenez la touche &123 enfoncée, vous pouvez sélectionner des symboles ou des chiffres avec votre autre main et lorsque vous relâchez la touche, vous revenez à la vue d'origine. L'équipe appelle cela un « aperçu rapide en tactile multipoint ».

La disposition comprend : q w e r t y u i o p Retour arrière a s d f g h j k l ' Entrée Maj z x c v b n m , . ? Maj &123 Ctrl Émoticône Barre d'espace < > Changement de mode

La disposition actuelle optimisée pour le tactile reflète les décisions prises concernant chacune des touches en fonction d'une série d'études.

Ces optimisations s'appliquent à toutes les langues de saisie dont nous disposons dans Windows, car nous prenons en charge une saisie optimisée pour le tactile dans le monde entier. Nous espérons apporter d'autres améliorations à la saisie et nous sommes réellement heureux et reconnaissants des commentaires que nous avons reçus jusqu'ici. Merci !

Kip Knox


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