J’ai eu l’occasion de parler sur ce blog (en anglais) du nouveau correcteur contextuel introduit pour la première fois dans Office 2007. Nous en avions aussi parlé sur le blog de notre équipe, toujours en anglais. Cette semaine, en lisant le correctif que le service de presse de Microsoft a dû publier à la suite d’une faute de frappe qui avait malencontreusement transformé « Microsoft Exchange Server 2007 » en « Microsoft Exchange Sever 2007 » (voir le correctif ici), j’ai éclaté de rire et je me suis dit que je devais écrire un billet sur l’utilité de ce nouvel outil linguistique, dont la vocation est précisément d’éviter aux utilisateurs d’Office et de Word de commettre ce genre d’erreurs. Ce weekend, j’ai décidé d’adapter mon billet pour les lecteurs francophones. Voici le rectificatif publié cette semaine :

 

In the news release, Microsoft MSFT Readies IT Customers for Windows Vista, the 2007 Office System, Microsoft Exchange Server 2007, issued earlier today by Microsoft Corp. over PR Newswire, we are advised by a representative of the company that in the first and second paragraphs, and in the first paragraph of the "Promise to Customers: Amplify the Impact of Your People" section, "Microsoft Exchange Sever 2007" should read "Microsoft Exchange Server 2007" rather than "Sever" as originally issued inadvertently.

 

Ceux qui connaissent la langue de Shakespeare savent que le mot « sever » existe en anglais. Ce verbe signifie sectionner, rompre. C’est la raison pour laquelle le correcteur orthographique traditionnel ne voit pas le problème dans « Microsoft Exchange Sever 2007 ». Toutefois, comme je l’ai signalé il y a quelques mois, la version d’Office 2007 dispose d’un correcteur contextuel qui souligne d’un trait ondulé bleu les mots qui semblent erronés dans un contexte donné. Il ne s’agit donc pas de faute d’orthographe à proprement parler (je rappelle que les fautes d’orthographe traditionnelles sont signalées par le souligné rouge alors que les fautes de grammaire (accord erroné…) sont signalées par un souligné vert). Si le rédacteur du communiqué de presse avait utilisé la version d’Office 2007, il aurait ainsi vu apparaitre sous « Sever » un joli trait ondulé bleu, comme illustré ci-dessous et, en cliquant avec le bouton droit de la souris sur le mot erroné, il aurait constaté que le correcteur lui suggérait de le remplacer par « Server ».

 

CSS contextual speller mistake - Exchange Sever vs Server 

La version finale d’Office 2007 a été livrée aux fabricants d’ordinateurs il y a quelques jours et sortira pour le grand public dans quelques semaines. Je suis sûr que cette fonctionnalité va aider bien des utilisateurs. J’avais donné quelques exemples dans mon billet précédent, comme ceux-ci où le correcteur indique à présent une erreur due au contexte:

 

I bought her a pear of shoes. (où pear devrait être remplacé par pair)

I’m loosing my time. (faute typique commise par beaucoup de francophones; loose existe (cela peut être un adjectif (desserré, lâche) ou un verbe (détacher), mais cela n’a rien à voir avec le verbe lose (perdre).

Can I fine a good example. (fineà find; exemple emprunté au billet de mon collègue et ami Jay Waltmunson).

 

Mes collègues de l’équipe de Word Jonathan Bailor et Margaret Plumley ont rassemblé une belle collection de perles que ce correcteur est à présent en mesure de détecter alors que la version d’Office 2003 reste silencieuse. J’aime beaucoup la suivante :

I cannot sea the mistakes you mention. (sea à see)

 

Je pense que les professeurs d’anglais apprécieront cet outil, de même que les étudiants et tous ceux qui rédigent régulièrement des documents dans cette langue. Les coquilles se retrouvent si vite dans des publications ou dans des lettres importantes… Soyons réaliste, il ne les trouvera pas toutes, bien sûr. La linguistique informatique a ses limites et la langue est d'une complexité incroyable lorsqu'il s'agit de la faire traiter par une machine. Mais l'utilité de cet outil est indéniable.

 

Le correcteur contextuel n’est pas actif par défaut sur les machines dont la mémoire vive est de moins de 1GB. Les options de Word vous permettront de l’activer aisément.

 

A vos plumes…

 

Thierry Fontenelle

Microsoft Natural Language Group