J’étais de passage en Belgique il y a quelques jours et j’ai eu l’occasion de rencontrer une série de professeurs de langues de l’Ecole de Gestion HEC-ULg de l’Université de Liège et de leur parler de nos outils linguistiques. J’ai également rencontré une équipe de traducteurs à Bruxelles. La même réaction enthousiaste de mes interlocuteurs m’a frappé lorsque je leur montrais nos travaux sur les correcteurs contextuels. J’ai eu l’occasion à quelques reprises d’évoquer le correcteur contextuel (context-sensitive speller) anglais d’Office 2007, qui repère des fautes très particulières échappant aux correcteurs orthographiques traditionnels parce que le mot problématique appartient bien au vocabulaire de la langue, mais est simplement mal utilisé dans le contexte. On comprend bien sûr le bonheur de l’enseignant qui découvre un outil détectant maintenant des fautes d’anglais si fréquentes chez ses élèves francophones, comme par exemple :

Nobody knows weather he is innocent or guilty. (à whether)

President Bush addresses Untied Nations General Assembly. (à United; une faute de frappe extrêmement fréquente, comme le soulignait il y a peu mon collègue Kazami Uchida)

People say your hole life flashes before your eyes before you die. (à whole)

Life insurance plays a very essential part in our every day life. (à everyday)

 

Les professeurs d’espagnol ont pu se rendre compte de l’utilité de ce type d’outil. Ceux qui parlent la langue de Cervantès apprécieront la difficulté de repérer la mauvaise utilisation du mot echo dans un contexte où l’on doit en fait utiliser hecho. Les traits ondulés bleus sous les fautes contextuelles montrent les progrès réalisés dans ce domaine (en cliquant avec le bouton droit de la souris sur le mot echo dans la phrase "Lo ha echo muy bien", on constate que le correcteur contextuel suggère bien hecho).

 

Il va de soi que tous ces outils linguistiques doivent être utilisés intelligemment (on ne peut que souhaiter voir les enseignants sensibiliser leurs élèves à la bonne utilisation de ceux-ci et à leurs limites). Mais ne pas utiliser d’outil du tout relève plutôt de l’inconscience. Seriez-vous prêt à envoyer une lettre ou un document de la plus haute importance à vos interlocuteurs (un manuscrit à un éditeur potentiel, par exemple ?) sans vous être assuré que vous vous êtes bien débarrassé de toute coquille ?

Thierry Fontenelle [MSFT]

Microsoft Natural Language Group