Voici une nouvelle qui intéressera les enseignants. Les programmes scolaires 2008-2009 du Ministère français de l’Education Nationale sont disponibles depuis quelques jours sur Internet. Comme le souligne le GQMNF (Groupe québécois de modernisation de la norme du français) dans une circulaire électronique que je viens de recevoir, ces programmes scolaires indiquent clairement que l’orthographe rectifiée est la référence pour l’enseignement et que les professeurs doivent tenir compte des rectifications orthographiques dont j’ai parlé à de nombreuses reprises sur ce blog.

Je cite les passages cruciaux :

Bulletin officiel spécial n°6 du 28 aout 2008 (Programmes du collège, p.2, section « Orthographe ») :

Pour l’enseignement de la langue française, le professeur tient compte des rectifications de l’orthographe proposées par le Rapport du Conseil supérieur de la langue française, approuvées par l’Académie française (Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990).

Bulletin officiel hors-série n° 3 du 19 juin 2008 (Programmes de l’école primaire, p.37) :

N.B. :

L’ensemble des connaissances et compétences attendues s’applique à toutes les situations d’écriture énoncées plus haut et non rappelées dans cette rubrique.  L’orthographe révisée est la référence.

 

Il est effectivement difficile d’être plus clair. Comme vous le savez, le correcteur orthographique d’Office tient compte de ces formes « rectifiées » et accepte par défaut tant l’orthographe traditionnelle que l’orthographe rectifiée, conformément aux recommandations officielles. Cela explique pourquoi le correcteur de Word accepte les graphies reconnait, disparait, aigüe, opèrera ou des après-midis et des matchs, au même titre que les formes traditionnelles reconnaît, disparaît, aiguë, opérera ou des après-midi et des matches (vous trouverez d’autres exemples ici). Il est très facile de changer l’option par défaut dans Office 2007 et de ne plus accepter que les formes rectifiées, si vous le souhaitez (une option très utile pour l’enseignant qui souhaite enseigner ces formes rectifiées, comme le précisent les tutoriels et modules pédagogiques disponibles sur le site Education de Microsoft France).

 

On atteint donc effectivement un point de non-retour et il n’est plus possible d’ignorer ces rectifications.

 

Le paragraphe suivant repris dans les programmes du collège (p.2) est également intéressant (c’est moi qui souligne):

L’élève apprend par ailleurs à consulter et à utiliser régulièrement et méthodiquement le dictionnaire, le manuel de grammaire, le guide de conjugaison ou encore à se servir, avec discernement et sans y voir  un outil qui le dispenserait de la réflexion, d’un logiciel de correction orthographique adapté.

J’aime beaucoup cette idée d’utiliser les logiciels de vérification linguistique dans une perspective pédagogique liant discernement et réflexion. Il est important de connaitre les limites de ces logiciels, très utiles au demeurant, et la réflexion liée à leur utilisation vaut son pesant d’or.

Thierry Fontenelle

Microsoft Natural Language Group