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Les 7 péchés de Windows 7 selon la Free Software Foundation

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Les 7 péchés de Windows 7 selon la Free Software Foundation

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Dans de nombreux domaines, il est conseillé de mépriser ses détracteurs plutôt que de leur donner de l’importance en leur répondant. C’est, sans doute, la démarche utilisée par les équipes de communication de Microsoft car je n’ai pas eu connaissance de réponse officielle à une campagne de la Free Software Foundation (FSF), organisme résolument hostile à Microsoft, qui a publié une lettre ouverte consacrée, selon elle, aux 7 péchés capitaux de Windows 7 (Windows 7 Sins).

Le texte ci-dessous ne constitue pas la réponse officielle, mais ma modeste opinion que je souhaite partager avec vous.

Le premier péché de Windows 7 est, selon la FSF de “Poisoning education”.

Pour ma part, je trouve qu’il est logique de la part de n’importe quel organisme de tenter de convaincre ses futurs utilisateurs ou consommateurs dès leur éducation. En cela, je ne crois pas que ce soit Windows 7 qui soit à considérer comme responsable, mais bien Microsoft.

À l’inverse, vouloir former des étudiants sur des logiciels ou techniques qui ne correspondent pas aux demandes des entreprises me semblerait relativement dangereux. Ce serait faire le pari qu’en formant sur d’autres techniques que la technique dominante, celle-ci disparaîtra.

Par ailleurs, pour avoir des enfants en âge d’aborder l’informatique à l’école, je peux témoigner que la situation décrite par la FSF est loin d’être celle des écoles françaises. Mon collègue Pascal en a même mis en évidence les dangers dans un billet récent.

Le deuxième péché de Windows 7 serait de “Invading privacy”.

Ce qu’avance la FSF est purement un soupçon, voire un procès d’intention.

Pour ce reproche, la FSF met en avant le mécanisme de Windows Genuine Advantage. À ma connaissance, Microsoft n’exige plus de passer par le mécanisme de validation de l’authenticité pour accéder à Microsoft Update. Lors de crises virales de grande ampleur, la démonstration a été faite qu’il valait mieux mettre à jour des versions pirates plutôt que de les laisser répandre leur contenu malfaisant. Les contenus mis à disposition après validation de l’authenticité ne sont que marginaux. Il est, donc, parfaitement possible de refuser toute validation d’authenticité et d’utiliser son système pour ce qu’il propose nativement.

Si vous souhaitez, néanmoins, utiliser un contenu soumis à cette validation, il me semblerait très dangereux de la part de Microsoft, vu le nombre de personnes capables de vérifier ce que fait ce module de validation d’authenticité, de faire la moindre incursion dans la vie privée de ses utilisateurs. Les règles sur le respect de la vie privée sont clairement édictées chez Microsoft et la mise en place de la navigation dite “inPrivate” démontre l’attachement de Microsoft dans ce domaine.

Le troisième péché de Windows 7 serait de “Monopoly behavior”.

D’une part, je constate que l’on confond souvent la cause et la conséquence sur ce thème du monopole : Windows représente une large majorité des systèmes d’exploitation qui équipent les ordinateurs. C’est un constat. Rien ne garantit que cette situation ne s’inverse pas un jour. Les cimetières de l’informatique sont remplis de grandes sociétés qui dominaient leur marché à une certaine époque. Faut-il pour autant demander à Microsoft de faire en sorte qu’il rejoigne ce cimetière ? Il est logique que toute entreprise commerciale cherche à conserver ses parts de marché. Que les autorités cherchent à s’assurer que les compétiteurs sont en situation de pouvoir rentrer sur le marché est normal compte tenu de la position de Windows. Les évolutions de différents marchés sur lesquels Microsoft est présent montrent que les situations sont loin d’être gelées.

D’autre part, Windows 7 n’est pas en situation de monopole. C’est Windows, globalement, qui domine le marché, mais le principal concurrent de Windows 7 n’est pas Linux ou MacOS, mais Windows XP dont la base installée rend indispensable la publication d’outils pour favoriser la migration, mais, surtout, dont les fonctions sont souvent jugées comme suffisantes pour ne pas justifier cette migration. Windows 7 apporte de nombreuses fonctions dont tout le monde s’est passé jusqu’à très récemment, mais qui deviennent rapidement indispensables, une fois que l’on a mis le doigt dedans.

Le quatrième péché de Windows 7 serait de “Lock-in”.

Derrière cette expression, la FSF récuse la politique de support de Microsoft qui ne supporte pas indéfiniment ses logiciels. Cette politique est, aujourd’hui, relativement prédictive avec la règle de 5 ans plus 5 ans, soit 10 années pendant lesquelles, entres autres, les correctifs de sécurité sont publiés par Microsoft.

Quand on mesure, comme moi, la vitesse à laquelle l’informatique évolue, ces 10 ans représentent une très longue durée. À la suite de la mise en place de ce calendrier, il a été amusant de constater que de nombreux autres acteurs de l’édition de logiciels en ont fait de même.

Le cinquième péché de Windows 7 serait de “Abusing standards”.

Que Windows soit devenu en quelques années un standard est un fait. L’écosystème qu’il l’entoure n’est pas bénéfique que pour Microsoft, mais aussi pour tous les éditeurs de logiciels. Que Windows soit responsable d’empêcher une normalisation, c’est une contre-vérité. La FSF mélange, mais ne serait-ce pas volontaire, la notion de standard et de brevet. Si Microsoft dépose des brevets n’est pas incompatible avec une forme de normalisation.

Windows 7 n’est, là encore, pas en cause. Que son utilisation devienne largement répandue et il est certain que de nombreuses fonctions qu’il apporte deviendront un équipement standard au même titre, qu’aujourd’hui, plus personne ne cherche à acheter une souche TCP/IP pour son ordinateur comme cela était le cas, il n’y a pas si longtemps (enfin, si, à l’aune des dix ans dont j’évoque ci-dessus la longueur en informatique). Je rêve qu’un jour très prochain, la totalité des disques des portables, voire de la totalité du parc, soit protégé par BitLocker et que l’on entende plus parler de données confidentielles trouvées sur des clés USB.

Le sixième péché de Windows 7 serait de “Enforcing DRM”.

La FSF ressort une vieille rumeur qui date d’avant la sortie de Windows Vista selon laquelle il ne serait plus possible de disposer de contenu libre de droits sur un ordinateur équipé de Windows. En mode ironique, j’imagine que la peur de ne plus pouvoir pirater des DVD doit représenter une menace très sérieuse pour une majorité des utilisateurs. J’aimerais, parfois, qu’il en soit ainsi, mais, il est toujours possible de lire et de générer un contenu multimédia sans DRM avec Windows 7.

Que Microsoft active dans Windows les verrous qui empêchent de pirater un contenu protégé ne me choque pas. Le contraire serait plutôt surprenant. Ce mode de fonctionnement n’empêche pas les développeurs de programmes qui cassent les protections et déprotègent des contenus protégés. La cours entre les pirates et les fournisseurs de contenue est sans fin, mais Microsoft ne prend ni partie pour l’un, ni pour l’autre, sauf pour ce qui est relatif à la protection de son propre capital intellectuel.

Le septième péché de Windows 7 serait de “Threatening user security”.

Le débat sur le nombre de vulnérabilité de tel ou tel système est sans fin. Windows est un logiciel créé par des hommes et, que je sache, il en est de même de l’ensemble des offres concurrentes. Ce code sera encore pendant longtemps truffé de défauts que des personnes, pas toujours bien intentionnées, chercheront à exploiter.

L’idée qu’un code ouvert et largement disponible serait moins sujet à failles me plait, mais ne me semble pas encore mise en évidence de manière flagrante. Le code de Windows est consultable par de nombreuses personnes. Le mettre dans le domaine public n’apporterait, sans doute, pas grand chose à son niveau de qualité. La démarche Security Development Lifecycle (SDL) utilisée par Microsoft, porte ses fruits régulièrement comme le montre les chiffres de comparaison entre différentes version de Windows et d’autres produits soumis à cette démarche.

La FSF prétend que Windows 7 mettrait en péril la sécurité des utilisateurs. Quand je regarde le nombre d’endroits où la sécurité des utilisateurs est renforcée, je suis loin de partager ce point de vue.

Et alors ?

Mon sentiment, aux vues de tous ces péchés, est que le principal péché de la FSF est de prendre ses désirs pour des réalités. Le second est de penser qu’un tissu de mensonges et de contre-vérités empêchera le succès de Windows 7. Les premières semaines semblent rassurantes sur l’avenir de Windows 7.

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